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Jean JARLOTa rejoint ses "frères" résistants.


 

Tant je le pensais véritablement indestructible, le décès annoncé ce jour de Jean JARLOt engendre chez moi, une énorme tristesse.

Déjà, Jean comme l'ensemble de la famille étaient mes voisins certes, éloignés d'une bonne centaine de mètres, mais dans ma jeunesse au Bois-Bretoux, nous étions tous voisins. Et puis, bien qu'une génération nous sépare, ma « maman » m'a tellement répété que derrière ses volets fermés pour éviter d'éventuelles représailles, elle avait assisté au passage de Jean et René son frère aîné conduits à la mairie par « les boches » parfois à coups de crosse de fusil. On était le 7 mars 1944 et les frères JARLOT avaient été « vendus » par des français complaisants avec l'ennemi....
Jean avait 18 ans et demi, René 21.
Les deux frangins ne retrouveront MONTCHANIN que le 6 juin 1945. Eux étaient revenus de l'enfer des camps nazis. Je n'avais qu'un an.

J'ai connu véritablement Jean que 6 ans plus tard, du au fait que j'étais, comme lui, gymnaste à l'Indépendante. Comme les autres « pupilles » nous étions tous admiratifs de Jean JARLOT, ce gaillard aux muscles débordant du « Marcel » portant l'écusson du club. Nous l'étions encore plus lorsque le quatuor des « Emilys » appellation découlant du nom d'un de ces mousquetaires Henri EMILE. Jean, force de la nature était le « porteur » lors des numéros de « main à main ». Il subissait donc, le poids de ses 3 coéquipiers lors des différents tableaux.

Et que dire de Jean, le soldat du feu efficace lors des interventions mais aussi comme tambour au premier rang de la clique des sapeurs pompiers. « Ça envoyait du lourd ! » comme le dit Laurent GERRA parodiant Fabrice LUCCHINI.

A une époque, en compagnie d'Odette son épouse qu'il avait rencontré par le biais de « l'indep » il a tenu les bains douches municipaux où j'allais avec mon père. C'est dire si à chaque étape de mon enfance, mon adolescence puis ma vie d'adulte j'ai cotoyé Jean JARLOT.

J'ajoute qu'il était un homme de conviction, fidèle a ses principes. Avec lui, le mot trahison n'existait que vis à vis de ces français qui avaient trahi leur pays durant la dernière guerre. C'est donc tout naturellement que celui qui, avec René avait été fait Chevalier de la légion d'honneur à titre militaire, s'engagea dans le nécessaire devoir de mémoire en « militant » au sein de l'association des déportés et à l'Union Fédérale des Anciens Combattants.

Jean, fut également élu municipal et un temps Adjoint au Maire.

Et c'est donc là, que je l'ai retrouvé, lorsque j'étais correspondants pour les journaux départementaux puis dès que j' eu créé cminfos. . Ce fut comme si nous ne nous étions jamais perdus de vue. Amitié habituelle entre anciens du Bois Bretoux.

Comme son frère René à ECUISSES, Jean a répondu favorablement à la demande d'élèves du groupement pédagogique d'ECUISSES - SAINT JULIEN leur demandant que deux écoles soient revêtues d'une plaque à leurs noms. La cérémonie eut lieu le 24 juin 2011, 66 ans mois pour mois après leur retour de déportation.

Jean nous quitte donc après une vie bien remplie. Cela me touche au plus profond de moi, lorsque je me souviens bien entendu de l'homme qu'il fut, de Maurice son « papa » avec qui je jouais au billard, de René  que je retrouvais à la pêche et qui comme mon père était mineur, de Pierre collègue de travail chez BERTHIER mon premier employeur et d'Henriette DECERLE sa sœur que je rencontre quelques fois.

J'ai une pensée pour Odette l'épouse de Jean, d'Annick sa fille et je présente à toute la famille mes sincères condoléances.

Hervé MICHALCZAK.


Vous pourrez, une dernière fois, entendre Jean JARLOT en visionnant la vidéo ci jointe datant du 29 août 2009 où Jean et son épouse expliquent comment ils se sont connus. ( Passer par INTERNET EXPLORER).





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