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L' Odette s'en est allée.


 

Avec le décès d'Odette DUCLUZEAU, en ce premier lundi de juillet, c'est une longue page « inter-générations » qui se referme bien au delà de MONTCHANIN LE HAUT commune où elle a résidé durant de longues années et où elle y a élevé ses deux garçons.

Odette restera dans la mémoire des « quinquas, des sexas et des septuagénaires » celle chez qui beaucoup ont fêté leur mariage. C'est en effet en 1962 que le couple d'une des branches de la très large famille DUCLUZEAU a quitté la cité des quarts pour acheter le café où actuellement est installée la Boulangerie FAVIOLE. Odette, n'avait aucun antécédent dans le commerce mais sa volonté et sa gentillesse ont très largement compensé. A cette époque, MONTCHANIN LE HAUT comptait 3 cafés espacés chacun de quelques dizaines de mètres, possédant tous une « arrière salle » où étaient souvent organisés des concours de cartes, des petits bals et, il n'y avait guère de semaine sans que dans l'une ou l'autre enseigne, il n'y ait une manifestation.

Chez « l'Odette » comme toutes et tous l'appelaient, l'évolution fut différente. Car, derrière « l'Odette » il y avait « le Raoul » sont mari, « Maître ouvrier en mécanique » à l'usine SCHNEIDER et passionné d'accordéon...

Une salle de bar, une arrière salle pouvant accueillir une soixantaine de convives, un musicien, cela donna des idées à certains clients qui virent en ce commerce le lieu idéal pour célébrer le mariage de leurs enfants.

Évidemment, pour quelqu'un voulant faire fructifier son affaire, cela était séduisant avec toutefois un gros « bémol » . Odette certes était bonne cuisinière à l'échelle familiale mais cela n'était pas suffisant pour prendre en charge des repas de mariage ou tout autre « banquet ». Séduite par la perspective de repas à « grande échelle » elle se mit en quête d'une personne pouvant en extra s'en charger et elle s'attacha la collaboration d'une dame d'un âge déjà avancé qui avait servi durant de longues années dans des maison bourgeoises et des châteaux bref, une personne qui possédait la « pointure » requise.

Rapidement se marier chez « l'Odette » devint le passage obligé pour de nombreux jeunes couples et de week-end en week-end MONTCHANIN LE HAUT vécu au rythme des Klaxons et des voitures décorées. En fin d'année, on pouvait également y faire réveillon et, dans un cas ou l'autre, les convives étaient certains que minuit approchant, Raoul sortirait son accordéon pour faire danser l'assistance, parfois seul parfois accompagné à la batterie par Robert, son oncle d'une autre branche DUCLUZEAU.

De mois en mois, d'années en années la réputation de l'enseigne ne fit que s'étendre avec une conséquence surprenante, c'est le planning et le calendrier de réservation d'Odette qui, en quelque sorte « dicta » la date de beaucoup de mariages, entre autre le mien.....Ayant perdu son frère mineur dans la catastrophe du puits Plichon qui, en 1958 fit 20 morts,le dynamisme de son commerce et les échanges avec sa clientèle contribuèrent certainement à ce qu'Odette « refasse surface »

Et puis un jours, à quelques heures d'un repas de mariage, « sa » cuisinière très âgée  se décommanda quasiment à la dernière minute.....Beaucoup auraient paniqué ! Pas Odette qui, au contact de celle devenant ainsi son ex employée et à force de l'observer, et de l' aider avait atteint un niveau de compétence culinaire qui, allié à sa grande volonté lui fit honorer cette épreuve sans vraiment de problème, sinon sans doute au fond d'elle même une petite part d'angoisse vite disparue eu fil des mois. Le pas était franchi, et jusqu'à l'approche des « eigthies », c'est elle qui resta au fourneau.

Le Café Restaurant de MONTCHANIN LE HAUT fut également l'incontournable étape des équipes 2 et 3 du Stade Montchaninois. Et, à l'époque, les 3ème mi temps réservaient quelques surprises. Ainsi, un dimanche, en servant le fromage, les serveuses et Odette elle même découvrirent des joueurs en tenu d'ADAM. Réaction de la patronne toujours sourire aux lèvres qui leur dit à peu près ceci: «  Les ch'tis si vous voulez comparer vos attributs veillez à ce que la porte donnant sur le bar reste fermée.... »

Raoul ayant, il y a une dizaine d'années rejoint le paradis des musiciens, elle quitta "la rue creuse" et le pavillon familial à MONTCHANIN LE HAUT et s'installa au quartier du Bois Bretoux avant de rejoindre la Roseraie il y a quelques mois.

C'était çà, Odette ! Toujours affable, prête à rendre service, pince sans rire, avec un fort sens de l'amitié...Et puis, c'était ma cousine...à quel degré ? Aucune importance, chez les DUCLUZEAU comme chez les MICHALCZAK, dans la famille on ne connaît pas de hiérarchie...



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