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"Ceux dont on ne parle jamais"
3ème volet: Le retour et la mort.....

 

Lors de deux premiers « volets », je vous ai proposé de découvrir le sort qui fut celui de 5 maquisards, ceux dsont on ne parle jamais soit, parce qu'ils sont décédés dans les camps nazis, soit parce qu'après leur retour, ils n'ont survécu que quelques mois. Tel fut la guerre de Maurice VERION, Paul GUEUGNON, Charles WINTER, Raymond MASSAROTTI et Louis PRIDYBAILO tous les 5 à peine âgés de 20 ans....

Je rappelle les faits : Les 5 résistants qui se sont engagé dans le 5ème bataillon du régiment FTP VALMY se font arrêter le 28 mars 1944 au moulin de VALVERON commune de DETTEY sur dénonciation du « collabo » GRESSARD. Ils sont transférés à MONTCHANIN avant d'être redirigés sur CHALON SUR SAÔNE, transfert au cours duquel Jean PIERSON tentera de les libérer et trouvera la mort à MOROGES. Une stèle a été érigée sur le lieu de son décès.

Après une incarcération de 2 mois , ils sont dirigés vers COMPIEGNE le 20 mai 1944 d'où ils repartiront le lendemain pour rejoindre le camp de NEUENGAMME le 24 mai. Maurice VERION sera affecté au block V sous le matricule 31196. Les conditions de vie sont ignobles avec d'interminables attentes nus dans la cour et un espace de 1 mètre de large partagé par 4 détenus dans le même lit...

Charles WINTER, Louis PRIDYBAILO, Raymond MASSAROTTI et un autre résistant Jean TORTILLIER rejoindront le kommando de WATENSTEDT.

Maurice restera en compagnie de Paul GUEUGNON tout d'abord à FALLERSLEBEN puis enfin à WÖBBELIN où ils arrivent le 14 avril 1945, camp de sinistre mémoire où périssent chaque jour 400 détenus. Cet annexe de NEUENGAMME fut construit en février 1945 le but étant d'y transférer des prisonniers d’autres camps afin que les alliés ne puissent les libérer. Ce lieu de souffrance accueillera un maximum de 5000 prisonniers, des cadavres en puissance devant faire face aux maladies que la famine aggrave. Les FTP Montchaninois y arrivent donc 2 jours après une vaste opération de transfert ayant couru du 12 au 14 avril. Les conditions de vie sont atroces. Les prisonniers ont été pourvus d'une plaque devant sans arrêt être portée autour du cou comportant un numéro matricule précédé d'un triangle de différentes couleurs« pointe en bas » suivant qu'il s'agissait de prisonniers politiques, où autres... Ils sont « logés » dans des baraques prévues pour en recevoir 300 et qui, en fait en abrite plus de 1000. La précarité est partout présente déjà dès le réveil aux moments de se rendre aux WC par l'insuffisance de places, 20 trous percés dans une planche pratiquement sans eau d'où des conditions d'hygiène déplorables . Il en est de même pour se laver, une cohue indescriptible et une confrontation directe avec la mort car, les « douches » servent provisoirement de morgue recevant les morts de la nuit.

Concernant les repas, essentiellement du pain noir, 150 grammes par personne qui est distribué souvent après que les gardiens « avinés » aient satisfait leurs caprices en obligeant les détenus réunis et alignés dans la cour à effectuer des mouvements d'ensemble... Difficile dans de telles circonstance de récupérer des 12 heures de travail...

Celui-ci est des plus harassants : Déchargement ou chargement de sacs de ciment ou de plâtre de 50 kgs à dos d'homme dans des péniches ce qui nécessitait d'emprunter une planche de 30 cms de largeur. Pour d'autres, il faut pousser ou freiner des wagonnets lourdement chargés sur des sols non préparés. Pour d'autres encore, ce sont des travaux de terrassement ou de défrichage dehors et par n'importe quel temps...

Ces épouvantables conditions d'existence disons plutôt de survie ont raison de bien des organismes et tous vivent dans un environnement où la mort rode sans relâche comme par exemple à l'intérieur du camp NEUENGAMME où le 18 avril les nazis assassinent 71 personnes dont 13 femmes tous résistants Allemands ou étranger.

Totalement épuisé, et souffrant des multiples maltraitances auxquelles il fut soumis, Maurice VERION décédera à « l'infirmerie du camp de WÖBELLIN le 1er mai 1945 la veille de la libération de celui-ci par les troupes Américaines. C'est Paul GUEUGNON son copain qui avec deux autres détenus l'y avait transporté. A la libération du camp, les troupes US découvriront 200 cadavres dont probablement celui de Maurice et ils obligeront des civils Allemands à les enterrer devant le Château de LUDWIGSLUST. Depuis, ces tombes ont disparu...sans doute en 1951.

Charles WINTER l'aura précédé d'un peu plus d'un mois puisqu'il décède le 24 mars 1945 au Kommando de WATENSTEDT. Ce sont donc deux membres du maquis de VALVERON qui ne reverront plus MONTCHANIN.

Devant l'avance irréversible de l'armée rouge à l'est et des troupes de débarquement à l'ouest, les Allemands se sentir obligés d'éliminer le plus de prisonniers possibles ces prisonniers étant aussi des témoins, disons «  à moindre frais ». Les nazis sont diaboliques avec l'idée de les faire embarquer dans des paquebots de luxe dans l'espoir qu'ils se fassent torpiller par les sous marins alliés pensant que ces navires transportent des dignitaires du Reich fuyant leur pays. L'aviation et la marine britannique en coulent 3 faisant 7300 victimes parmi les détenus...

Paul GUEUGNON, Raymond MASSAROTTI et Louis PRIDYBAILO eux rentreront. Ils reverront MONTCHANIN pour Paul, LE CREUSOT pour Raymond et MOULIN concernant Louis. Mais pour combien de temps ? Paul GUEUGNON aura à peine le temps de serrer les siens dans ses bras puisqu'il décédera le 5 juin 1945, deux mois et demi après son retour. Raymond MASSAROTTI quittera ce monde à son retour à PARIS comme Louis PRIDYBAILO. GRESSARD, cet immonde traître aura réussi dans son entreprise destructrice puisque, quelques semaines après la fin de la guerre, il ne subsista aucun survivant.

Plus tard, Paul GUEUGNON et Maurice VERION reçurent un hommage à titre posthume rapporté ci dessous par un journal de l'époque.


...citations décernées à titre posthume à deux jeunes patriotes Montchaninois Paul GUEUGNON né le 2 octobre 1925, ouvrier pâtissier, décédé le 5 juin 1945 17 jours après son retour du camp de HAMBOURG NEUENGAMME et Maurice VERION né le 13 novembre 1922, manœuvre décédé au même camp le 1er mai 1945 la veille de la libération de son Kommando par les troupes américaines. Citation à l'ordre du corps d'armée décernée à GUEUGNON Paul sous Lieutenant chef du maquis de VALVERON d'un courage et d'une audace exceptionnels. Le 16 février 1944, a participé à un coup de mains à CIRY LE NOBLE où 22 soldats Allemands furent désarmés, à la destruction de la station électrique de LA BOULAYE et à l'ouverture du camps d'internement de LA GUICHE le 24 mars 1944. Arrêté au maquis de VALVERON le 28 mars 1944 a été déporté et est mort à son retour de captivité. Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.

Citation à l'ordre du corps d'armée décernée à Maurice VERION jeune résistant de grande classe, d'un courage et d'une abnégation remarquables. A participé à de nombreux sabotages (station électrique de LA BOULAYE) et à l'ouverture du camps de LA GUICHE. Arrêté au maquis de VALVERON le 28 mars 1944, est mort en captivité. La présente citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.


A cette époque troublée où les politiques attribuent la légion d'honneur à qui écrit, qui saute plus haut, qui court plus vite, qui a engrangé la plus grosse fortune, distinction dont le citoyen « lambda » est toujours exclu et quelque soient ses mérites, Maurice, Paul et tous ces héros qui ont fait dont de leur vie, à l'aube de leur jeunesse pour que les « élites » actuelles où se prétendant comme telle reçoivent un ruban rouge ne le mériteraient ils pas autant qu'elles même à titre posthume ? Qui, prendra l'initiative pour que « ceux dont on ne parle jamais » soient enfin honorés à leur juste valeur ?

J'ajouterais qu’actuellement le pays frappé par des actes ignobles les attentats de CHARLIE HEBDO, le BATACLAN et NICE et qui, peu à peu sombre dans un racisme très ciblé, doit se souvenir de, ce que nos « amis Allemands »(peut-être les vôtres) ont fait dans les camps comme ceux où sont décédés Maurice, Paul et leurs camarades , à ORADOUR SUR GLANNE, TULLES et ailleurs et qui était bien plus horrible encore...HOLLANDE qui dénonce les attentats est dans son rôle. HOLLANDE qui étreint MERKEL l'est il encore ?

H.M




Merci à Gérard VERION sans qui cette série d'articles n'auraient pu être.








Les troupes américaines....

..ont obligé des civils Allemends à inhumer les morts.




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