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Les non-dits d'un reportage à une heure de grande écoute.


Lors de l’assemblée générale de l’UAMC, Monsieur Frédéric BORNE l’un des candidats aux prochaines élections départementales, invité à prendre le micro afin de se présenter, l’a fait puis, s‘est excusé de ne pouvoir rester plus longtemps, car le soir même dans son journal du soir, France 2 diffusait un reportage consacré à son exploitation agricole LE GAEC DU MONETOIS.

Toujours un peu chauvin, et préalablement captivé à l’idée qu’une grande chaine se soit enfin rendu compte que la vie du pays ne se déroulait pas que dans la capitale ou d’autres grandes villes, je me réjouissais par avance et je me pressais de rentrer « à la maison » pour suivre le reportage.

Effectivement, celui-ci, d’un peu plus de 6 minutes, a permis aux téléspectateurs de découvrir le quotidien de ce que communément on nomme les paysans, termes certes non péjoratif mais auquel je préfère exploitant agricole. Dans le cas précis, c’est beaucoup plus approprié puisque Monsieur BORNE est cogérant d’un « GAEC» (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) située à ECUISSES.

Les images de l’exploitant en train d’aider une vache à « vêler » et ainsi mettre au monde un tout jeune veau, m’aida à comprendre que lorsque l’on a choisi ce métier, une intervention de ce genre nécessite de surveiller les derniers instants de la « grossesse » du bovin et de se trouver là au bon moment : « cela permet d’économiser sur l’intervention d’un vétérinaire » confia l’intervenant au journaliste ». Ce doigt mis sur l’aspect financier prit peu après beaucoup plus d’importance lorsqu’il précisa : «  J’ai 600,00 € de revenu par mois et mon cogérant 1000… ». Sur le moment bien que jugeant ce montant extrêmement bas, je restais attentif à la suite du reportage jusqu’au moment où le « fermier », désigna à la caméra un bovin en précisant à peu près en ces termes : «  ce taureau  nous a coûter plus de 4000€…. ». Cette seconde confidence eut pour effet de me faire sortir du canevas du reportage pour revenir à une question plus terre à terre : « Quelle banque peut donc accorder à quelqu’un aussi courageux soit il, qui  avoue un revenu inférieur de 39,2% au seuil de pauvreté, 987 € pour une personne seule retenu dans notre pays ? » car, compte tenu des revenus indiqués, l’auto financement semblait impossible.

Les non-dits du reportage :

Le GAEC du MONETOIS possède un capital social de 283500,00 € ce qui est 189 fois supérieur au minimum requis concernant un GAEC.

Entre le 16 octobre 2011 et le 15 octobre 2013, le GAEC a reçu  au titre de la PAC (Politique Agricole Commune) :

Un global de subventions  de 198714,29 € dont 154607,52 €  (FEAGA : Fond Européen Agricole de Garantie) de fonds versés directement à lui, ce que j’appelle de « l’argent frais »  et 44106,77 € (FEADER : Fond Européen Agricole pour le Développement Rural) concernant des prêts, bonifiés ou non.

Extraits de ce que dit l’Europe : (source www.europa.eu)

RÉGIME DE PAIEMENT UNIQUE

Le régime de paiement unique attribue des aides aux agriculteurs indépendamment de leur production. Ce régime de soutien a pour objectif principal d’assurer une plus grande stabilité de revenu aux agriculteurs. Ces derniers reçoivent désormais le même montant d’aide quelle que soit leur production, leur permettant ainsi de produire en répondant à la demande du marché. Le régime de paiement unique a également pour objectif d’améliorer la compétitivité et la durabilité de l’agriculture.

 

 

Conscient que le reportage comportait quelques oublis et voulant me montrer le plus objectif possible, j’ai donc interrogé Monsieur BORNE qui, dans sa réponse et même s’il ne les a pas confirmé n’a pas contesté les chiffres cités ci-dessus. Ayant explicitement indiqué qu’il appréciait que des personnes s’intéressent à la « problématique agricole », il exprima le vœu  de me rencontrer à l’exploitation afin de me montrer des documents aidant à comprendre la complexité des choses en m’assurant qu’il en avait bien parlé au journaliste de France télévision, mais que cela n’avait pas été retenu par la rédaction en chef… Pour autant, il n’a pas réagi à mon conseil de faire une demande de droit de réponse…. Poursuivant, le fermier m’assura qu’il trouvait ma démarche légitime et qu’en toute transparence, il souhaitait me montrer des documents démontrant son honnêteté !!! Avais-je, à un moment mis celle-ci en doute ? Bien entendu jamais….

Deux échanges par mail suivirent, en toute cordialité, Monsieur BORNE insistant pour « me mettre sous le nez » des documents liés à la gestion de son entreprise. Je lui avais pourtant indiqué que cette gestion lui était tout à fait personnelle, que je n’étais ni procureur, ni inspecteur de quoi que ce soit et que sa gestion ne me regardait pas. Le dernier message qu’il me fit parvenir le 3 mars dernier ne manqua pas de me surprendre puisque, au détour d’une phrase, il m’indiqua  que je n’étais pas (plus ?) invité à la maison à mon sens, une manière courtoise de me montrer la porte avant que je ne l’ai franchie…. 

Ce que l’on peut penser :

L’octroi par BRUXELLES de subventions aux agriculteurs ou entreprise agricole n’a rien de répréhensible même si les sommes peuvent paraitre énormes au citoyen « lambda » comme le sont par exemple les licenciés de FLORANGE, de CATERPILLAR et pas mal d’autres…. Dans l’encadré ci-dessus, on parle bien de stabilité de revenu et ce n’est pas moi qui ai souligné ce dernier mot.

On doit donc bien parler de revenus sans expliquer comment  une somme de 154607,52 € d’argent frai, versé  en deux ans devient 38400 € ((600 + 1000) x 24 mois). Les subventions viennent à l’évidence s’ajouter au chiffre d’affaire réalisé par le GAEC. . Il est très difficile de connaitre celui ci. Le seul élément dont je dispose et concernant ce chiffre d’affaire, cela demeure très partiel, figure dans l’encadré ci-dessous et fait suite à une émission, « les grandes gueules » sur la radio RMC le 7 décembre 2010.

Fromage de chèvre - GAEC DU GRAND MONETOIS

Situé en Bourgogne, à quelques kilomètres de Chalon sur Saône, le GAEC du GRAND MONETOIS est une exploitation familiale et diversifiée. Chaque chèvre produit en moyenne 550 L de lait/an, ce qui donne une production totale de 35000 L de lait/an environ. La fabrication d’un fromage nécessitant environ 1,4L de lait, 25000 fromages sont fabriqués en moyenne par an. La traite est effectuée matin et soir. Le reste du temps et lorsque la météo le permet, les chèvres sont en pâturages.

 

Contrairement à la plupart des entreprises dans d’autres domaines d’activité notamment industrielles, le GAEC  du MONETOIS ne publie pas ses comptes. Notons que le GAEC ACKERMANN – GUINIER à MARIGNY  dont on retrouve un nom sur la liste d’en face, et qui, dans le même temps a perçu de la PAC une subvention globale de 157743,11 € dont 125918,78 € de versements directs ne les publie pas non plus.

Alors, 600 € mensuel de revenu ? A chacun d’entre nous son opinion.

 Le contribuable Français comme tous les contribuables européens mettent donc la main à la poche afin que ces subventions puissent être versées. Mais les Français devront la mettre une seconde fois d’après le texte récemment publié :

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane LE FOLL, a assuré mardi (NDLR c’était en janvier dernier) que les agriculteurs français, qui reçoivent environ 10 milliards d'euros de subventions européennes par an, «ne seront pas concernés». «Ils ne seront pas comptables de cet apurement» qui sera financé dans le budget de l'État en 2015, 2016 et 2017. Les aides à venir de la PAC «ne bougeront pas» a-t-il ajouté. 

 

Question : Le chômeur ayant perçu, plus que ses prestations ou le malade ayant touché de l’assurance maladie plus que son du conservent ils les sommes qu’ils n’auraient pas du toucher ? De multiples exemples démontrent le contraire….

Le 11 mars 2015 à 10 heures 15.

 

Hervé MICHALCZAK .  « Avec mes remerciements à Monsieur BORNE pour m’avoir consacré un peu de son temps. »



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