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L'escrime Française reste à quai à LONDRES.
L'analyse de Bérénice VIGNARD.

Evénement sportif le plus attendu et le plus médiatisé, les Jeux Olympiques d’été réserve généralement au sport français, des fortunes diverses. Ainsi, si les médias nationaux se confondent en superlatifs après une première semaine assez favorable aux couleurs nationales, rien ne démontre actuellement que le nombre global de médailles, 41, obtenues il y a 4 ans à PEKIN sera au moins égalé.

Ceci d’autant que l’escrime Française, traditionnellement grande pourvoyeuse de podiums a, cette fois, totalement manqué ses jeux son compteur restant désespérément vierge. Depuis 1996, se sont environ 10 médailles équitablement réparties entre dames et hommes qui viennent, par le biais de l’escrime et à chaque olympiade garnir l’escarcelle bleue blanc rouge. LONDRES sera donc une année sans, la pire depuis 52 ans à ROME et chacun d’y aller de son ou ses commentaires.

Nous avons à cminfos tenté d’en savoir plus afin de comprendre pourquoi l’escrime est, en 4 années passées de la lumière à la totale obscurité. Qui, mieux que l’ancienne pensionnaire de l’Espérance du CREUSOT, Bérénice VIGNARD, sportive de haut niveau à l’épée jusqu’en 2010 pouvait nous apporter des réponses ? C’est avec sa gentillesse  coutumière que la jeune femme a accepté de nous répondre :

« Comme vous pouvez vous en douter j'ai été très déçue pour les escrimeurs français. Je connais la plupart de ceux qui étaient aux jeux et je sais à quel point ils se sont préparés pour cette compétition. Toutefois, ces résultats ne m'ont malheureusement par surpris ».

Connaissant Bérénice qui ne se complait pas dans la critique, cette dernière phrase ne manque pas de nous interpeller.

« En effet, lorsqu'on fait le bilan des derniers championnats du monde, il appert que les français sont de plus en plus absents des podiums internationaux. Seules les compétitions par équipe rattrapent un tableau des médailles bien maigre ».

Certes, la constatation est pertinente mais les raisons ?

« Je pense que plusieurs facteurs peuvent expliquer ce déclin.

Tout d'abord, l'escrime se mondialise de plus en plus.

Maintenant il va falloir tenir compte de ces nouvelles nations aux escrimeurs "quasi professionnels" qui viennent en Europe dans le seul but de s'entrainer ».

Comme vous sans doute, c’est une vrai révélation qui ne peut être connue que par quelqu’un ayant fréquenté au plus près ce milieu. Mais Bérénice n’épargne pas les structures nationales et la politique menée par la fédération.

« De plus, je pense, que lorsque l'escrime française était au plus haut, la fédération a oublié de former les jeunes qui arrivaient derrière.

Alors que la fédération italienne envoyait et formait des jeunes juniors en coupe du monde séniore, la fédération française envoyait les très bons seniors et ceux qui n'avaient jamais rien fait en compétition internationale. A la place de ces séniors, bons qu'au niveau national, la fédération aurait dû former les plus jeunes.

A l'épée féminine, les filles de ma génération ont subi cette politique conservatrice... »

Etonnant ! le commun des spectateurs s’imaginant faute de savoir, qu’une discipline souvent prolifique en résultats internationaux ne pouvait connaître ce type d’erreur stratégique. Les « portes drapeaux » lors des interviews accordés aux médias ne l’ont jamais laissé supposer. Mais la toute nouvelle retraitée  rajoute :

« En outre, je crois que la préparation mentale n'est pas suffisante. Lorsqu'on regarde les matchs, on voit des escrimeurs français se faire submerger par le stress.

Les Français sont allés aux jeux en pensant "qu'ils avaient tout à perdre" alors même "qu'ils avaient tout à gagner". »

Pourtant, Bérénice qui nous confie passer actuellement ses loisirs « devant les jeux » se veut optimiste et suggère une condition :

« J'espère qu'il y aura une vraie remise en cause à la fin des jeux afin que le fiasco ne se reproduise plus. »



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